Visite des ruches

Alimentation des ruches pour la fin de l’hiver
samedi 16 février 2019
par  DEA
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Durant l’été les ruches amassent du pollen et constituent le miel afin d’établir des réserves pour la saison froide, où elles resteront calfeutrée dans la ruche. Afin de maintenir ses essaims d’une année sur l’autre, en particulière après une saison difficile, l’apiculteur doit s’assurer que les abeilles aient assez de réserves pour se maintenir tout au long de l’hiver. En cas de besoin, il peut leur fournir du sirop de glucose ou du pollen pour les aider à s’alimenter jusqu’au printemps. Ces visites pour contrôler les réserves des ruches sont aussi l’occasion de vérifier l’état général des essaims et des reines, et de s’assurer que les alvéoles contiennent du couvain rempli d’œufs qui assureront le renouvellement des ouvrières au printemps.

La dernière visite au rucher remontait à octobre, il était donc temps d’y retourner. Les prévisions étaient plutôt mauvaises. En effet, en octobre, seule une des ruches (n°1) montrait une réelle activité. Une deuxième ruche (n°2), bien que moins active, semblait tout de même en bonne santé et la ruche n°3, sans couvain ni œufs, semblait privée de reine. Si cette dernière observation était renouvelée, une partition de l’essaim orphelin entre les deux ruches restantes aurait été à envisager.

Ruche n°1
La visite a donc débuté par un contrôle de la ruche la plus active. Les abeilles de cet essaim sont toujours très actives, et un mouvement de va-et-vient important est visible à l’entrée de la ruche. Quelques abeilles ont les tarses couverts de pollen à leur arrivée. Après avoir enfumé la ruche, Francine Gascoin, enseignante en agronomie en charge du rucher, a ôté le couvercle et le nourrisseur, puis a procédé à la vérification des cadres. Le bilan est mitigé : la reine est aperçue sur l’un des cadres, mais la ruche ne contient qu’un peu de couvain, peu de miel malgré les quelques abeilles continuant à rentrer du pollen, et une moisissure inconnue s’attaque aux alvéoles, témoignant d’une humidité élevée dans la ruche. La plaque située en bas de la ruche, qui recueille les déjections et les cadavres des abeilles, est en effet très humide et atteinte de cette même pourriture. De nombreux cadavres d’abeilles y sont présents (>10). Francine explique qu’elle ignore de quoi il s’agit mais qu’elle se renseignera auprès de son réseau. Le plateau est passé au chalumeau et emporté pour être désinfecté.

Pour palier le manque de réserve, du sirop de glucose est versé dans le nourrisseur et des grains de pollens sont disposés à l’entrée de la ruche en deux tas. Très vite, les abeilles s’affairent à rentrer le pollen dans la ruche, en s’occupant d’abord d’un tas de pollen, puis de l’autre.

Ruche n°2
La ruche n°2 est nettement plus calme à première vue. Les abeilles sont peu nombreuses à l’entrée. Pourtant, dès que la ruche est ouverte, un bourdonnement sourd se fait entendre. L’essaim est facilement localisable sur les cadres (les abeilles forment une grappe située sur un côté de la ruche). La reine est vue après quelques cadres inspectés, et isolée dans une pince dans le but de ne pas l’écraser. Les cadres sont lourds de miel, et de nombreux œufs sont observés dans le couvain. L’essaim est en pleine forme malgré son manque d’activité, qui peut peut-être s’expliquer par l’abondance de miel dans les cadres. Du sirop de glucose et du pollen sont tout de même ajutés par précaution. Cependant, au contraire de la ruche n°1, les abeilles de la ruche n°2 sont relativement passives face à l’arrivée du pollen. Le plateau recueillant les déjections est sec et seuls quelques cadavres d’abeilles y sont retrouvés (3-4).

Ruche n°3
La ruche n°3 semble complètement à l’arrêt : peu d’abeilles à l’entrée, pas d’essaim structuré dans les cadres. Cependant, en inspectant les cadres, il apparaît vite que cette ruche contient encore beaucoup de réserves. Quelques cadres plus tard, les premiers œufs sont aperçus ! Ils attestent la présence d’une reine au sein de la ruche. En effet, celle-ci est repérée peu après grâce à la tache de vernis jaune qu’elle porte sur le thorax. Cette marque permet de localiser plus facilement les reines et de les dater : le jaune indique qu’il s’agit d’une reine de 2018. Un peu de moisissure est présent sur les alvéoles et les mêmes traces d’humidité que pour la ruche n°1 sont relevées sur la plaque basale. Cependant l’essaim est en bonne santé compte-tenu de l’abondance des réserves disponibles. Du pollen est tout de même disposé à l’entrée de la ruche, mais celle-ci n’est pas équipée de nourrisseurs. L’apport de sirop de glucose sera l’objet d’une prochaine visite au rucher.

Cette visite au micro-rucher se termine à la tombée du jour sur les ruches, à l’heure où les abeilles battent le rappel et se montrent plus agressives avec les intrus. Cependant entrevue a cependant pris une teinte très positive, puisque, malgré les appréhensions, l’ensemble des trois essaims a survécu à la saison froide ! Avec le rallongement des jours et l’augmentation nette des températures ces dernières semaines, les abeilles reprendront sans doute très vite une activité. L’installation d’une quatrième ruche au printemps est même actuellement en discussion au sein de l’équipe pédagogique.

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