Des brebis au Lycée Pétrarque

Un premier essai de sylvopastoralisme dans les vignes et les vergers de l’Exploitation Agricole
jeudi 6 septembre 2018
par  DEA
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Pour remplacer le désherbage chimique dans les vignes et les vergers, l’Exploitation Agricole s’est tournée vers des consommateurs naturels des plantes envahissantes - Article écrit en janvier 2018

Situé dans la ceinture verte d’Avignon, le Lycée Agricole François Pétrarque propose aux apprenants de venir sur former sur une Exploitation Agricole de 12 hectares comprenant maraîchage, arboriculture et vignes. Ce sont sur ces cultures pérennes que sont venus pâturer les 140 brebis et leurs petits de M. Nicolas De Cecco, berger à Monteux, sous la bonne garde de deux patous.

La conversion à l’Agriculture Biologique des 4 ha du vignoble, achevée en 2017, empêche toute intervention à base de produits de synthèse dans les parcelles pour lutter contre l’enherbement entre et sur les rangs de vignes. Or la compétition entre les mauvaises herbes et la vigne pour les nutriments et l’eau présents dans le sol impacte les rendements et la qualité du raisin. Par ailleurs, l’encombrement rend difficile la taille des vignes par les élèves du BTS Viticulture Œnologie et les stagiaires du lycée. Le désherbage mécanique ou manuel qui se substitue habituellement au désherbage chimique est un travail long et fastidieux.

Dans les vergers conduits en agriculture raisonnée (c’est-à-dire, où le nombre de traitements chimiques est minimisé) se pose aussi le problème de l’enherbement des rangs, ainsi que celui des maladies et du carpocapse, un lépidoptère ravageur des pommes, dont un vecteur important sont les pommes tombées au sol au pied des arbres.

C’est pourquoi l’idée a germé de faire appel à des brebis pour débarrasser les vignes et le verger de ces plantes indésirables ainsi que des fruits perdus. Cette méthode présente le double avantage de nettoyer les champs des mauvaises herbes tout en apportant de l’engrais via les déjections des brebis, mais également de nourrir le bétail élevé en plein air. C’est ainsi que du 10 au 16 janvier, les brebis ont été amenées par le berger et ses chiens meneurs de troupeau.

C’était la première fois qu’une telle expérience était mise en place depuis la construction du Lycée, qui fêtera ses 50 ans cette année. C’est pourquoi des progrès sont encore à réaliser dans le domaine du sylvopastoralisme. En effet, bien loin d’avoir consommé toute la végétation à leur disposition, les brebis ont préféré s’attaquer d’abord à l’herbe verte et tendre entre les rangs, laissant au pied des vignes l’herbe séchée et plus revêche. Hors c’est cette herbe haute et dure qui pose le plus de problème en terme d’accès pour l’entretien des ceps. Ce constat a été répété dans les vergers où les brebis se sont repues de pommes et d’herbe fraîche, plus appétentes, les 22 et 23 janviers.

La situation n’est cependant pas désespérée. Pour améliorer les résultats de cette pratique, les parcelles doivent d’abord être désherbées mécaniquement une bonne fois pour toute. Une fois que ce premier travail aura été réalisé, l’expérience pourra être reconduite sur les jeunes repousses, et il est presque certain que les brebis ne manqueront pas cette fois de suffire à entretenir la végétation indésirable.


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