Mise en place d’une culture de courgettes sous tunnel

Mars-juillet 2018
vendredi 21 septembre 2018
par  admin
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Pour un Contrôle en Cours de Formation (CCF) portant sur la conduite d’une culture en autonomie, deux élèves de BTS Production Horticole première année ont mis en place au cours de l’année 2018 une culture de courgettes sous tunnel.

Ce travail est l’exemple type d’une bonne collaboration entre l’équipe pédagogique et l’exploitation.

Article édité le 19/10/2018

La courgette est une plante originaire des Amériques de la famille des Cucurbitaceae (tout comme les concombres, courges et melons) dont on consomme le fruit immature.

Au lycée Pétrarque, cette plante potagère est cultivée sous tunnel froid en Agriculture Biologique. Elle est implantée à la fin de l’hiver. En 2018, la mise en place de la culture, depuis le prévisionnel jusqu’à la récolte, a été assurée par deux étudiants de BTS Production Horticole première année.

Ce travail s’est divisé en deux étapes : la première partie consacrée à l’étude préparatoire (recherche de bibliographie, choix d’une variété, calcul des densités et des amendements), le deuxième partie étant la conduite de la culture à proprement parler. Par la suite, l’exploitation a réalisé une étude économique des résultats de la culture.

1. L’étude prévisionnelle

a. Les plants
L’étude prévisionnelle de la mise en place de la culture devait répondre à un certain nombre de critères composant le cahier des charges de l’exploitation et respectant celui de l’Agriculture Biologique, tout en assurant aux étudiants la possibilité d’assister aux premières récoltes avant leur stage. Le choix de la variété a donc été primordial, puisqu’il a fallu choisir une courgette qui corresponde aux attentes du marché (vertes foncées et longues), et qui puisse se planter précocement, afin d’assurer les premières récoltes pour mai.

C’est la variété CRONOS de Sygenta qui a été retenue. Elle peut être plantée sous serre dès le début février en Provence et présente l’avantage d’être multi-résistante aux maladies courantes de la courgette.

L’objectif en termes de rendements étant fixé par l’exploitation à 1,5 tonne, les élèves ont estimé qu’avec une production moyenne de 3kg de courgette par plant, l’implantation nécessaire à couvrir le besoin était de 500 plants. Ces plants ont été commandés à la SARL du Tilleul pour une livraison et une plantation mi-mars.

En raison du grand nombre de plants nécessaires, c’est le plus grand tunnel de l’exploitation qui a été retenu. Sur une longueur de 100m, les étudiants avaient ainsi la place d’implanter trois rangs de courgettes, avec un espacement sur le rang de 60cm entre chaque plant de courgette.

b. La fertilisation
Le prévisionnel de la fertilisation a été calculé en fonction des engrais organiques disponibles sur l’exploitation.

Les besoins de la culture en terme de fertilisation azote-potassium-phosphore (N, P, K) sont les suivants (unités exprimées en Unité/ha) :

N
P
K
200 à 300 60 à 80 200 à 350

Données issues de la Chambre d’Agriculture

Les besoins pour les 700m2 de tunnels sont donc 15 fois inférieurs. Les engrais retenus sont les suivants (N, P, K exprimés en pourcent de la masse) :

Engrais
N
P
K
VegetHumus 2,2 0,5 1
Tourteau de Ricin 4,5 2 1
Patenkali 0 0 3

Ainsi, afin d’obtenir 14UN, 4,5UP et 14UK, il est nécessaire d’introduire 310kg de VegetHumus, 150kg de Tourteau et 30kg de Patenkali en complément.

c. Les stratégies de lutte
En Agriculture Biologique, le cahier des charges impose un certain nombre de contraintes dans l’utilisation des produits phytopharmaceutiques. L’éventail de produits disponibles est réduit et il est de ce fait important de repérer les ravageurs et maladies précocement pour permettre des interventions plus efficaces.

L’anticipation des problèmes dus aux facteurs biotiques (champignons, virus, bactéries ou ravageurs) à lieu dès le choix de la variété (résistante) et du schéma d’implantation (densité faible, choix de l’irrigation, etc).


2. Mise en place et conduite de la culture
a. Préparation du sol
Le sol est préparé par les passages consécutifs de trois outils :

  • Le "Griffon", un outil à dents qui permet de décompacter le sol sans retourner les horizons, ce qui défavoriserait la biodiversité
  • Le rotavator, qui casse les mottes et permet de travailler le sol en finesse
  • Le cultirateau grâce auquel les buttes sur lesquelles seront plantées les courgettes sont formées.

Une fois les trois buttes modelées, elles sont recouvertes à la plastiqueuse d’une bâche plastique biodégradable sous laquelle sont tendues les gaines pour l’irrigation au goutte à goutte.

b. La plantation
Les plants sont disposés dans des trous percés dans la bâche plastique, entre les deux gaines d’irrigation tirées sur chaque planche. Ils sont espacés de 60cm chacun. L’irrigation permet d’imbiber les mottes par capillarité.

Les plants sont ensuite recouverts de "chenillettes", des petites serres de 50cm de haut formées d’un voile de P17 tendu sur des arceaux. Ce montage offre une protection supplémentaire contre le froid et les écarts de température, et est également une barrière physique empêchant les ravageurs (pucerons, escargots, limaces, etc), d’accéder aux jeunes plants vulnérables.

Mise en place des chenillettes

c. Surveillance
Au cours des deux mois qui suivent, les étudiants sont chargés de la surveillance de la culture : irrigation, aération, veille sanitaire, etc.

Quand les températures nocturnes ne descendent plus en dessous de 15°C, les ouvrants du tunnel sont ouverts et les portes démontées.

Un traitement au souffre est appliqué de façon préventive contre l’oïdium. Il s’agit du seul traitement réalisé sur l’ensemble du cycle de la culture.

Début mai, les courgettes sont prêtes à être récoltées.

d. Récolte et commercialisation
La courgette est un légume calibré sur le marché. La longueur standard est comprise entre 14 et 21cm. Afin de conserver des légumes de taille constante, la récolte doit être effectuée tous les jours. En effet : dans les conditions de température, une courgette de longueur inférieure à 14cm le jour 0 a déjà une taille supérieure à 21cm deux jours plus tard ! Une récolte quotidienne permet donc d’éviter de déclasser de nombreux fruits.

Les courgettes sont ensuite conservées dans la chambre froide jusqu’à leur commercialisation. Les circuits de vente pour cette culture sont variés :

  • La vente directe auprès des personnels des lycées
  • Les marchés dans des évènements publics (portes ouvertes, évènements en DRAAF ou DDT)
  • Les cantines de l’établissement
  • Les cantines extérieures et les cuisines centrales
  • Des entreprises de transformation alimentaire
  • Des boutiques bio
  • Des restaurants
  • Le marché de gros

Au total, la récolte est comprise entre 2 600 et 2 700kg, soit une tonne de plus que prévu, et le volume des ventes s’élève à plus de 2 350kg. Le taux de perte est donc aux alentours des 10%, ce qui est un très bon résultat en maraîchage.


3. Étude économique
L’étude économique qui a suivi les récoltes et la commercialisation a permis de déduire la rentabilité de la culture. En effet, la prise en compte des coûts de mise en place de la culture (coûts fixes) et des coûts directement liés et proportionnels à la production (coûts variables), ont permis d’établir une matrice des gains pour cette culture.



Sur la culture de courgette, l’exploitation a dégagé environ 1500€ pour 700m2, soit 2,14€/m2

En conclusion, la courgette est une culture maraîchère qui se valorise à la fois pédagogiquement et économiquement. l’expérience est donc à retenter en 2019, éventuellement sur une surface plus importante afin de satisfaire tous les marchés.


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